YOU WILL NEVER WALK ALONE

TUNISIE 2011 - 2016

17 décembre 2010.  Le geste de Mohamed Bouazizi s’immolant par le feux, déclencha un soulèvement populaire dans toute la Tunisie mettant ainsi à jour le profond malaise de la société tunisienne.  Ce geste de désespoir allait embrasait toutes les régions et conduire le pays à la chute de la dictature et à la mise en place d’un profond changement dans la société. 

Ce geste devint le symbole pour revendiquer le « droit à la dignité » d’ une grande partie de la population vivant dans la misère et le mépris. Mais aussi pour affirmer ce besoin d’exister de toute une jeunesse à fleur de peau.

 

 

 

Avant la révolution, l'espace public était un espace fermé à toute expression et toute revendication. Cet espace est devenu le théâtre de cette lutte symbolique pour la liberté d'expression que la dictature a tenté d'enfouir pendant des décennies. Ces traces resurgissaient pendant les premières mois du soulèvement populaire.

L’espoir est là. Mais nuancé, hésitant, fragile et confronté aux nombreux défis sociaux (chômage, développement, répression quotidienne de la police...) et à la montée de l'insécurité et de la violence dans une société qui se cherche et se construit. La jeunesse vit dans l' espoir de sortir de ces "zones d'ombres" créées par la dictature. 


Pendant cinq, j’ai décidé de m’installer en Tunisie pour comprendre ce besoin d’existence. 

Tout au long de ce voyage dans cette Tunisie en transition, je me suis attardé sur ces traces laissées dans l’espace public, comme une ligne directrice en résonance avec les slogans écris sur les murs de la Kasbah pendant la révolution, traces d’une liberté d’expression, qui se glisse dans les interstices du quotidien. J’ai voulu raconter l’impact de la dictature sur les corps et les esprits, trop longtemps contraints, censurés et réprimés.  

Ce travail est une itinérance photographique construite autour du portrait, interrogeant les traces du traumatisme de la dictature et les espoirs de cette jeunesse tunisienne. 

Your will never walk alone dresse un portait intime d’une génération prise entre les séquelles de la dictature et les attentes d’un meilleur futur.