ARIFA, PETITES HISTOIRES DU MONDE INVISIBLE

Diaporama sonore de la série Arifa, petites histoires du monde invisible. Disponible pour exposition et projection.

“Je suis Ma Gagia, je suis Baba Kouri, je suis Nana Aïcha. Arifa est mon fardeau, Arifa est ma chaîne qui me lie au Grand Monde. Arifa est ma liberté d’exister sur ce pont qui relie le monde des humains à celui des esprits.” 

Arifa est le nom de ce personnage central du culte Stambali. 

Ce rituel, qui prend sa source dans l’Afrique Sub-saharienne, s’est répandu dans le Maghreb avec la traite orientale. Mélange entre le rituel Vaudou du grand Soudan et le culte des saints dans l’Islam populaire, le stambali est devenu une tradition dans la Tunisie contemporaine. 

Aujourd’hui, Riadh Ezzawech est un des derniers Arifa de Tunisie qui pratique ce rituel traditionnel auprès d’un public encore présent. C’est au travers de son corps et par l’intermédiaire de ses pouvoirs que les esprits parlent aux humains.
Riadh représente une vingtaine d’esprits différents que chaque adepte vient solliciter au cours de cérémonies privées ou publiques. Et bénéficier, ainsi, de leurs faveurs.

Face aux décès des anciens et anciennes, confronté aux désillusions du monde contemporain et à la désacralisation, ce rituel disparait petit à petit. 

“Croire, c’est s’investir et s’engager dans une compréhension du monde et la transmettre. Si plus personne ne croit [aux esprits], plus personne ne transmettra leur histoire, et ils disparaîtront.” (Joan Fontcuberta, sur sa série sur les Mazzeri, personnages légendaires de Corse. 2002)
Cette série est une manière de rappeler aux Hommes leur présence pour ne pas que l’oubli les tue.

Durée: 7 mn 24 s